À 75 ans, OUABANIA, citoyen de l’Alliance des États du Sahel (AES), décide d’entreprendre le dernier grand voyage de sa vie. Après avoir travaillé toute son existence entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, il choisit de relier Bamako à Niamey, via Ouagadougou, non pas en avion ni en voiture, mais à vélo. Un choix radical, presque incongru pour un homme de son âge, mais profondément symbolique : aller lentement, au rythme des peuples, pour mieux les comprendre.

Le film s’ouvre à Bamako, point de départ d’un périple à la fois géographique et intérieur. Sur les routes du sud du Mali, OUABANIA rencontre pêcheurs, agropasteurs, orpailleurs, chasseurs traditionnels, femmes maraîchères, commerçants et détenteurs de savoirs endogènes. À travers leurs récits, se dessinent les réalités sociales, économiques et culturelles d’un Sahel vivant et résilient. Aux frontières, le voyageur interroge la libre circulation des personnes et des biens, révélant les obstacles quotidiens qui fragmentent un espace historiquement uni.

Au Burkina Faso, la route se prolonge d’Orodara à Bobo-Dioulasso, en passant par Houndé, Boromo et Koudougou. OUABANIA explore les mémoires locales, les patrimoines culturels et les transformations contemporaines : agriculture, mines, spiritualités, urbanisation et quête de développement. Chaque étape est une immersion, chaque rencontre une voix qui raconte le Sahel d’hier et d’aujourd’hui.

La dernière partie du film se déroule au Niger, de Téra à Niamey. En traversant Gothèye, Tillabéri et les villages du fleuve, OUABANIA recueille les paroles des communautés sur leurs activités, leurs traditions et leurs préoccupations fondamentales. Le voyage atteint alors sa dimension la plus intime : celle d’un homme qui, face au temps qui passe, cherche à transmettre une mémoire collective et un message d’unité.

Le Dernier Voyage d’Ouabania est un road movie sahélien à vélo, un récit de transmission et de résilience, où le chemin compte autant que la destination. À travers le regard d’un vieil homme en mouvement, le film interroge l’identité, les frontières et l’avenir commun des peuples de l’AES. Ce film est né d’une idée simple mais profonde : traverser le Sahel à travers les yeux d’un homme qui connaît ces terres depuis toujours. OUABANIA, à 75 ans, choisit le vélo comme moyen de transport, non par défi physique, mais pour retrouver la lenteur, la proximité et l’humanité que seul le chemin peut offrir.

Ce film n’est pas seulement le portrait d’un homme en voyage, c’est le portrait vivant d’une région, de ses peuples, de ses traditions et de ses espoirs. L’ambition du Réalisateur est de créer un film où le spectateur pédale aux côtés de OUABANIA, ressent la poussière de la route, entend les rires et les récits, et comprend que le voyage est autant intérieur qu’extérieur. C’est une célébration de la vie, de la transmission et de la mémoire collective, un hommage aux liens invisibles qui unissent ces peuples à travers le temps et l’espace.

« On a beaucoup regardé Tombouctou de loin. On l’a racontée comme une légende, une bibliothèque du désert, un carrefour de civilisations. Mon intention, à travers ce film, est de regarder de près cette ville qui porte aussi une autre histoire, moins visible, celle de ce qui s’est maintenu et de ce qui s’est reconstruit. Ce film part à la recherche de cette force inébranlable et discrète qui est le Kondey », déclare le cinéaste Fousseyni MAIGA. 

Le Réalisateur annonce qu’il ne voulait pas faire un film sur Tombouctou comme on déroule une vitrine patrimoniale : « je voulais faire un film dans Tombouctou, au plus près des gestes, des voix, des regards et des différences ». Dans cette nouvelle œuvre du Réalisateur Fousseyni MAIGA, LE KONDEY n’est pas exposé comme un concept de socialisation de la vie en communauté. Il est éprouvé à l’image, parce que le collectif se comprend mieux par ce qu’il produit que par ce qu’il affirme. 

L’univers visuel du film présente Tombouctou comme une matière vivante. Le film ne cherche pas la carte postale, mais la sensation. Dans le film, le montage privilégie d’abord l’action, les gestes, les déplacements. Il avance par montage alterné entre ce que l’on voit et ce que l’on entend, comme une conversation qui se déroule à côté de l’image. Les voix arrivent, souvent hors champ, portées par les scènes. Ce n’est qu’après quelques plans que le spectateur comprend qu’il écoute une parole continue, parallèle à l’action, et que cette parole éclaire ce qu’il voyait déjà. 

Les paroles ne coupent donc jamais le film, elles naissent dans des situations concrètes, au plus près d’une marche, d’un départ, d’un silence, d’un travail collectif ou encore d’un moment de transmission. Entre les chapitres, des respirations ouvrent un espace pour les poèmes et la musique, non pas comme illustration, mais comme prolongement sensible de ce qui vient d’être vécu. Au final, l’univers visuel du film est celui d’une immersion sensible sur une ville de Tombouctou filmée de près et de loin, intime et monumentale, où la beauté n’est jamais décorative. Elle est la preuve que, malgré les épreuves, quelque chose continue, une manière d’être ensemble.

Dans « TIMBUKTU, TERRE DES KONDEY », le son ne vient pas illustrer l’image, il la porte. On entend Tombouctou avant de la comprendre. Le film s’appuie sur une captation riche du son direct, avec des souffles, frottements, pas, rires et silences pour rendre sensible la ville et ses communautés. LE KONDEY se révèle d’abord par l’oreille, les taquineries entre camarades, les discussions qui circulent pendant qu’on marche, qu’on embarque.  Les voix sont prises dans la vie, et souvent elles arrivent en parallèle des actions, comme si la conversation continuait au-dessus du réel, ce qui donne l’impression que le spectateur est au milieu du groupe, pas face à un témoin. 

La musique et la poésie s’intègrent comme une seconde peau, jamais comme un commentaire. Elles arrivent dans des moments de passage, de départ, d’entrée dans la ville ou en fin de chapitre et se posent sur des images de respirations. Les percussions, les rythmes et les timbres locaux sont utilisés avec retenue, mais toujours en gardant la priorité au réel. Le mixage assume des contrastes, pour que chaque silence ait du sens, et que chaque voix soit entendue comme une présence, pas comme un message. Au regard de sa particularité narrative, « TIMBUKTU, TERRE DES KONDEY » se présente déjà une véritable encyclopédie cinématographique qui viendra enrichir le patrimoine filmique africain.  

Fousseyni MAIGA est le cinéaste malien le plus actif au cours des six dernières années, avec une vingtaine d’œuvres audiovisuelles réalisées et produites. En tant que porte-étendard d’une nouvelle offre cinématographique au Mali, Fousseyni MAIGA revendique un modèle cinématographique orienté vers les réalités locales et de nouvelles formes de narration. 

Il débute sa carrière professionnelle en 2006 en tant que journaliste et écrivain. A partir de 2012, il lance son agence agréée en Communication et enchaine avec les fonctions de Conseiller à la Communication qui le conduisent successivement à la Primature, dans trois départements ministériels et auprès de plusieurs organisations internationales en qualité de Consultant et spécialiste en communication. 

En 2018, après des formations en Scénarisation et Réalisation au Canada et aux États-Unis, il décide de se consacrer entièrement à la production cinématographique avec pour ambition de porter le cinéma malien sur la scène internationale. Ainsi, en 2022, il réalise son premier court métrage fiction intitulé « WOLONWULA ». Ce premier film d’auteur remporte plus d’une vingtaine de prix internationaux en Afrique et aux USA, dont le Grand Prix du prestigieux festival international du cinéma africain de Khouribga au Maroc. 

Fort de ce premier succès, Fousseyni MAIGA réalise en 2023 son premier documentaire de création intitulé « FATÔW (LES FOUS) », primé au FESPACO en 2025 et présenté dans une dizaine de festivals en France, en Italie, en Norvège, en Macédoine du nord, en Nouvelle Zélande, aux USA, en République Centrafricaine et en Côte d’Ivoire. Le film a remporté le PRIX DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE LONG METRAGE de l’espace UEMOA au FESPACO 2025, le Bantou d’Argent en République de Centrafrique et trois prix majeurs dans des festivals aux USA (Meilleure réalisation, meilleure photographie et meilleur film international). 

En 2024, Fousseyni MAIGA réalise son premier long métrage d’auteur dénommé « LE RÊVE DE DIEU », sélectionné au FESPACO, au festival de LOCARNO, au festival de Khouribga au Maroc et une dizaine de festivals internationaux. Le film a remporté cinq prix (5) majeurs dans des festivals aux USA (Meilleure réalisation, meilleure photographie, meilleur scénario, meilleur décor et meilleur film international). 

En 2025, Fousseyni MAIGA lance la production de son deuxième film documentaire long métrage « TIMBUKTU, TERRE DES KONDEY ». Cette nouvelle œuvre, particulièrement dense, confirme aujourd’hui la touche singulière du cinéaste et son approche narrative inédite, orientée vers une nouvelle forme d’écriture. 

Fousseyni MAIGA a été Directeur Général du Centre national de la cinématographie du Mali de juin 2022 à novembre 2025. Auteur de quatre ouvrages, dont deux sur l’image et les dynamiques culturelles, il est chercheur au Laboratoire d’Anthropologie visuelle collaborative (LAVISCOL) de l’Université Yambo OUOLOGUEM de Bamako. Il vient de boucler une thèse de doctorat sur le thème « l’image, les images et l’imaginaire à l’aune des dynamiques de reculturalisation ».